Une terrasse en bois sur plots, ce sont des lames vissées sur des lambourdes qui reposent sur des plots réglables, sans béton à couler. Elle convient à un sol stable ou à une dalle existante, se démonte si besoin et laisse l’air circuler sous le bois. Trois choses la font durer, un sol préparé, des appuis assez rapprochés et un bois qui ne reste jamais dans l’eau. Avant de choisir les matériaux, notre article sur l’aménagement d’une terrasse aide à décider de sa taille et de son usage.
Cet article suit l’ordre du chantier, du sol aux dernières lames, avec un calculateur pour compter les plots, les lambourdes et les lames. Les règles viennent du guide de conception et de réalisation des terrasses en bois, rédigé par la filière avec l’institut technologique FCBA et conforme au NF DTU 51.4 de décembre 2018. Sur un balcon ou une toiture étanchée, le DTU ne s’applique pas tel quel, la pose sur plots relève de règles professionnelles distinctes et l’avis d’un professionnel s’impose. Pour penser l’aménagement d’un balcon, notre guide détaille les choix de revêtement.
Un sol stable et les démarches à vérifier d’abord
Les plots supportent mal un sol qui bouge. Sur terrain naturel, le guide demande de décaper la terre végétale sur au moins 20 cm, de damer le fond jusqu’à une portance de 2 bars minimum, puis de poser une membrane géotextile. Sur un sol reconstitué, on ajoute 5 à 10 cm de sol stabilisé par-dessus. Dans les deux cas, l’eau ne doit pas pouvoir stagner sous la terrasse. Une dalle béton existante convient aussi, à condition d’être propre, en bon état et assez inclinée pour renvoyer l’eau du côté opposé à la maison.
Côté démarches, Service-Public indique, dans une page vérifiée le 20 novembre 2025, qu’une terrasse de plain-pied, c’est-à-dire non surélevée ou très faiblement surélevée, ne demande aucune autorisation d’urbanisme, sauf en secteur protégé où une déclaration préalable est nécessaire. Une terrasse surélevée relève d’une déclaration préalable ou d’un permis de construire, selon sa surface et la zone. Le règlement du PLU s’applique dans tous les cas. Si vos plots montent de plus de quelques centimètres, un appel au service urbanisme de la mairie évite de se tromper sur ce que recouvre l’expression « très faiblement surélevée ». Le guide limite d’ailleurs la hauteur libre sous les lames à 30 cm avec des plots polymères, et au-delà il faut une autre technique de construction. Les règles sont proches pour un petit abri, que nous détaillons dans notre article sur l’abri de jardin de 5 m².
Lames, lambourdes et plots, ce qu’il faut acheter
Le guide ne retient que des bois massifs à durabilité naturelle ou à durabilité conférée, c’est-à-dire imprégnés en autoclave. Sur plots polymères, il demande en plus des lames peu déformables (classe de déformation DM1) et, pour un lambourdage simple, un niveau de stabilité S ou MS, deux mentions à réclamer au vendeur. Les lambourdes ont une section d’au moins 2 200 mm², par exemple 45 × 60 mm, seuil à partir duquel s’appliquent ses tableaux de dimensionnement. Les plots doivent avoir une base d’au moins 150 cm², soit environ 14 cm de diamètre, et une tête qui permet de visser la lambourde.
Ces exigences peuvent sembler tatillonnes pour un week-end de bricolage. Elles répondent à un constat de la fédération du bâtiment. Dans un dossier publié en décembre 2018, l’Union des métiers du bois de la FFB écrit que « de nombreux litiges sont constatés » sur les terrasses en bois, et elle appelle les professionnels, notamment non spécialisés, à mieux se former et à informer leurs clients de l’évolution normale du bois. Cette évolution, le guide la décrit sans détour. Sous l’effet des UV, le bois grise en surface dès les six premiers mois, sans conséquence sur sa solidité, et il faut le nettoyer deux fois par an, car les mousses et les moisissures rendent la terrasse glissante. Ce que l’on prend pour un défaut est donc un comportement normal, et le seul entretien que le guide juge indispensable.
Calculer les plots, les lambourdes et les lames
Tout part de la lame. Le guide donne, pour chaque épaisseur, largeur et classe de résistance de lame, l’écartement maximal des lambourdes qui la portent, à condition qu’elle repose sur trois appuis au moins. Une lame de 21 à 23 mm sur 140 mm de large, de classe C24, accepte des lambourdes espacées de 56 cm au plus, contre 67 cm pour une lame de 24 à 27 mm. En classe C18, ces valeurs tombent à 42 et 53 cm, et la combinaison 21 à 23 mm sur 90 mm n’est pas retenue. Posée sur deux appuis seulement, une lame voit ces valeurs réduites de 15 %.
Entre les plots, une lambourde courante de 45 × 60 mm peut franchir jusqu’à 70 cm, limite au-delà de laquelle le guide la traite comme une solive. Le calculateur ci-dessous retient 60 cm au maximum et arrondit l’écartement des lambourdes aux 5 cm inférieurs. Cette marge de prudence est la nôtre, pas celle du guide. Il suppose des lames posées dans le sens de la longueur, des lambourdes en travers, un joint de 5 mm et 10 % de chutes.
Calculez le matériel de votre terrasse sur plots
| Écartement maximal des lambourdes (guide) | |
| Écartement retenu par le calculateur | |
| Rangées de lambourdes | |
| Plots par lambourde | |
| Total de plots | |
| Lambourdes, longueur totale | |
| Lames, avec 10 % de chutes | |
| Vis pour les lames (2 par croisement, 5 % de marge) |
Écartements maximaux issus des tableaux du guide de conception et de réalisation des terrasses en bois (usage résidentiel, lames sur trois appuis). La classe de résistance figure sur la fiche du fournisseur.
Pour une terrasse de 4 × 3 m en lames de 21 à 23 mm sur 140 mm de classe C24, on obtient ainsi 54 plots, 27 m de lambourdes et 21 lames de 4 m. Au-delà de 4 m de long, il faudra raccorder des lames bout à bout, et ce raccord demande une lambourde plus large ou un double lambourdage. Le schéma ci-dessous résume l'empilement du sol jusqu'aux lames.
La pose, étape par étape
Une fois le sol préparé, on trace l'emprise, on pose les plots sans les fixer au sol, puis on les règle de niveau avant de poser les lambourdes. Contrairement aux plots béton, réglés à la pose, les plots polymères se règlent après leur implantation. Sur terrain naturel, le guide envisage une plaque de répartition sous chaque plot pour mieux étaler la charge. Chaque lambourde est ensuite vissée à la tête du plot, et lorsque deux lambourdes se rejoignent, le raccord est centré sur une tête de plot. Elles ne doivent pas dépasser 18 à 22 % d'humidité à la pose.
Reste à visser les lames. Le guide demande deux vis à chaque croisement entre une lame et une lambourde dès que la lame fait 60 mm de large, des vis à double filetage et jamais à filetage total. Le pré-perçage est obligatoire pour les bois feuillus et aux extrémités de toutes les lames, facultatif en partie courante pour les résineux. Entre deux lames, il faut garder un jeu compris entre 3 et 12 mm pendant toute la vie de la terrasse, car le bois gonfle et se rétracte avec l'humidité. Le plus simple consiste à utiliser des cales de pose, dont l'épaisseur dépend de l'humidité des lames au moment de la pose.
| Humidité des lames à la pose | Épaisseur de cale conseillée |
|---|---|
| 12 à 17 % | 6 ou 7 mm |
| 18 à 22 % | 4 ou 5 mm |
| Plus de 22 % (bois autoclave uniquement) | 2 ou 3 mm |
Pour voir les gestes, ce tutoriel de Bricorama, d'une durée de 6 min 24 et publié en octobre 2023, détaille la pose sur plots, du matériel à la fixation des lames. Il s'agit d'une enseigne de bricolage, donc les valeurs à respecter restent celles du guide.
Une fois les dernières lames posées, la terrasse est prête à recevoir son mobilier et ses plantes. Notre article sur la terrasse conçue comme une pièce à vivre aide à organiser cet espace, des zones de repas à celles de détente.
Une fois la terrasse posée, deux nettoyages par an suffisent à l’entretenir. Notre guide pour nettoyer une terrasse en bois indique quelle méthode convient à chaque essence, et quand un saturateur se justifie.
