Quelle plante choisir pour une chambre ?

plante dans une chambre

Dans une chambre, les plantes qui réussissent le mieux sont celles qui acceptent une lumière moyenne et des arrosages espacés : zamioculcas, sansevieria, pothos, kentia, calathea, fougère de Boston ou chlorophytum. Le choix se fait sur deux critères seulement : la lumière disponible à l’endroit où vous voulez la poser, et la présence d’un jeune enfant ou d’un animal, car plusieurs plantes d’intérieur courantes sont irritantes ou toxiques si on les mâchonne.

Deux idées reçues circulent en sens inverse : les plantes « purifieraient » l’air de la chambre, ou au contraire « voleraient » l’oxygène la nuit. Aucune des deux ne tient à l’échelle d’une pièce, et une expérience grandeur nature permet de comprendre pourquoi.

Choisir la plante selon la lumière de la chambre

La lumière est le vrai facteur de réussite. Une chambre est souvent moins lumineuse qu’un séjour et ses rideaux restent fermés une partie de la journée. Avant d’acheter, regardez où ira la plante : à moins d’un mètre de la fenêtre, à deux ou trois mètres, ou dans un angle sombre. À trois mètres d’une fenêtre, la lumière reçue n’a plus rien à voir avec celle du rebord, même si l’œil s’en rend mal compte.

PlanteLumièreArrosageChats et chiensIdéale pour
ZamioculcasFaible à moyenneToutes les 2 à 4 semainesIrritante, hors de portéeChambre sombre, débutants
SansevieriaFaible à forteToutes les 2 à 4 semainesToxiqueOublis d’arrosage fréquents
AspidistraFaibleQuand le terreau est secNon toxiqueCoin sombre, maison avec animaux
PothosFaible à moyenneQuand le terreau est sec en surfaceToxiqueSuspension, haut d’armoire
KentiaMoyenne, sans soleil directToutes les 1 à 2 semainesNon toxiqueGrande plante d’angle
CalatheaMoyenne, indirecteTerreau toujours légèrement fraisNon toxiqueFeuillages graphiques
Fougère de BostonMoyenne, indirecteFréquent, aime l’humiditéNon toxiqueChambre avec salle d’eau attenante
ChlorophytumMoyenne à forteHebdomadaireNon toxiqueDébutants, maison avec animaux
SpathiphyllumMoyenneDès que les feuilles s’affaissentToxiqueFloraison blanche, sans animaux

Les indications de toxicité pour les animaux reprennent la base de données de l’ASPCA, l’organisme américain de référence sur les intoxications animales. Pour une plante absente de ce tableau, consultez-la avant l’achat.

Plantes et jeunes enfants : un vrai sujet de sécurité

Selon le bulletin Vigil’Anses de juillet 2025, les centres antipoison ont été sollicités pour 23 906 intoxications par des plantes entre 2012 et 2021. Les plantes d’appartement (alocasia, ficus, spathiphyllum…) représentaient 12 % des cas, et près de la moitié des personnes intoxiquées étaient des enfants de moins de six ans ayant avalé un morceau de plante. Bonne nouvelle : avec ces plantes d’intérieur, les formes sévères restent rares (0,6 % des cas, contre 4,3 % pour les plantes sauvages).

Rares ne veut pas dire inexistantes. Dans une chambre d’enfant, ou si un tout-petit circule dans la vôtre, choisissez des espèces non toxiques ou placez les autres hors de portée : suspension, étagère haute, dessus d’armoire. C’est le même principe que pour aménager la chambre de bébé : moins d’objets à hauteur de main, moins de risques.

Si vous vivez avec un chat, le problème se pose différemment : il grimpe partout et adore mâchonner les feuilles fines. Réservez-lui une ou deux plantes sans danger, comme le chlorophytum, et gardez les autres dans une pièce fermée. Nous détaillons cette approche dans notre article pour aménager un intérieur pensé pour son chat.

Les plantes purifient-elles l’air d’une chambre ?

L’idée vient d’une étude de la NASA de 1989, qui mesurait l’absorption de polluants par des plantes placées dans de petites enceintes fermées. En 2019, deux chercheurs de l’université Drexel, Bryan Cummings et Michael Waring, ont réexaminé trente ans de travaux sur le sujet. Leur conclusion, publiée dans le Journal of Exposure Science and Environmental Epidemiology, est nette : dans un logement réel, le renouvellement d’air dilue les polluants bien plus vite que les plantes ne les absorbent. Il faudrait de 10 à 1 000 plantes par mètre carré pour égaler l’effet de la ventilation.

Pour assainir l’air d’une chambre, les gestes efficaces sont ailleurs : aérer 5 à 10 minutes par jour, même en hiver, comme le recommande l’ADEME, choisir des peintures et des meubles peu émissifs, et limiter bougies parfumées et diffuseurs.

Une expérience grandeur nature : 274 plantes pour une seule personne

La crainte inverse, celle d’une plante qui « prendrait l’oxygène » du dormeur, se heurte au même problème d’échelle. Une expérience britannique, filmée pour un documentaire de la BBC diffusé en 2012, le montre très concrètement. Le géologue Iain Stewart s’est enfermé 48 heures dans une enceinte étanche de 30 m³, soit à peu près le volume d’une chambre de 12 m², en compagnie de 274 plantes. L’air de départ était appauvri en oxygène, et les plantes étaient éclairées en continu par des projecteurs de 16 000 watts au total.

Résultat, publié dans la revue Extreme Physiology & Medicine : en 48 heures, le taux d’oxygène est remonté de 12,4 % à 18,1 %, ce qui a permis au volontaire de tenir. Mais le gaz carbonique a lui aussi grimpé, et il a fallu cette forêt éclairée jour et nuit pour compenser la respiration d’un seul homme (lire l’étude complète).

Ce récit remet les choses à leur place. Si 274 plantes sous lumière intense suffisent tout juste à suivre la respiration d’une personne, une ou deux plantes dans l’obscurité d’une chambre ne peuvent ni purifier l’air de façon mesurable, ni en retirer l’oxygène. Leur respiration nocturne est infime à côté de la vôtre, ou même de celle d’un chat endormi. Vous pouvez donc garder des plantes près du lit en toute tranquillité, pour le plaisir qu’elles apportent et non pour un effet santé.

Où placer une plante dans une chambre

  • Grande plante (kentia, ficus, monstera) : dans un angle proche de la fenêtre, pour adoucir les lignes de la pièce et équilibrer un grand lit.
  • Plante retombante (pothos) : en suspension ou sur le haut d’une armoire, hors de portée des enfants et des animaux.
  • Petite plante : sur la table de chevet seulement si elle reçoit de la lumière du jour. Dans un coin sombre, préférez un zamioculcas ou un aspidistra.
  • Emplacements à éviter : au-dessus d’un radiateur, dans un courant d’air froid ou collée à une vitre glacée l’hiver.

Côté déco, les feuillages s’intègrent naturellement dans une chambre aux tons vert sauge, beige ou terracotta. Nous expliquons comment choisir ces teintes selon l’orientation de la pièce dans notre guide quelle couleur pour une chambre.

Parfums, allergies, sommeil : ce qu’il faut savoir

  • Plantes fleuries très parfumées (jasmin, jacinthe, gardénia) : agréables en journée, elles peuvent gêner les personnes sensibles aux odeurs dans une petite chambre fermée la nuit.
  • Terreau humide : un pot constamment détrempé peut développer des moisissures en surface. Si vous êtes allergique, arrosez moins et retirez la couche superficielle si elle blanchit.
  • Lavande « pour dormir » : les travaux sur la lavande et le sommeil portent sur l’huile essentielle, pas sur une plante en pot. En intérieur, la lavande manque en plus de soleil et dépérit vite.

Les erreurs d’entretien qui tuent les plantes de chambre

  • Trop arroser : c’est la première cause de mortalité des plantes d’intérieur, surtout dans une chambre fraîche où le terreau sèche lentement. Enfoncez un doigt dans la terre avant d’arroser.
  • Un cache-pot sans drainage : l’eau stagne au fond et fait pourrir les racines. Videz la soucoupe une demi-heure après l’arrosage.
  • Le manque de lumière : une plante qui s’étire, pâlit ou perd ses feuilles du bas réclame d’être rapprochée de la fenêtre.
  • La poussière : essuyez les grandes feuilles avec un chiffon humide de temps en temps, elles captent mieux la lumière.

En résumé, partez de la lumière réelle de la chambre, écartez les espèces toxiques si un enfant ou un animal peut y accéder, puis choisissez celle qui vous plaît. Une plante dans une chambre est un choix de décoration et de bien-être visuel, pas un purificateur d’air.

By Thomas

Passionné de design d'intérieur depuis plus de 10 ans, je partage sur Design Label Blog des conseils pratiques et des inspirations déco pour transformer votre espace en un lieu qui vous ressemble. De la rénovation au choix des matériaux, j'accompagne les amateurs de bonne déco dans leurs projets.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Related Posts